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Un
cinéma corse pourquoi faire ?
Le
cinéma est une industrie
vecteur d'économie, non polluant et qui brasse
beaucoup d'argent. Donc il peut être une source
de revenus économiques
annuel non négligeable pour la Corse qui possède
des atouts naturels considérables : une lumière
exceptionnelle toute l’année, une diversité de
paysages et un savoir faire local. Sur ce point il ne
faut pas oublier que les corses produisent et réalisent
des films depuis 20 ans.
La Corse a besoin de moyens financiers conséquents
et une structure de type CNC pour mener à bien un
réel développement cinématographique
industriel. Ces deux conditions sont assujetties à une
volonté politique culturelle et dans ce sens les
avancées sont encore très timides à ce
jour.
La Corse compte une trentaine de sociétés
de production et une cinquantaine d’associations
qui font la promotion du cinéma mais il n'existe
dans l'île aucun laboratoire de développement,
aucun studio de tournage, aucun centre de formation
de techniciens
ou d’acteurs, aucune salle de projection ou de
montage, etc. Sur ce plan c'est le désert absolu.
Il y a en Corse une cinémathèque située à Porto-Vecchio.
Elle est née le 17 novembre 1978 lors du Premier
festival du cinéma amateur organisé à par
l'association "Scola
Corsa", présidée à cette époque
par Carlu Castellani. Les activités de la cinémathèque
de Porto-Vecchio se limitent à l'archivage de
films et à des rencontres avec des scolaires.
La Corse a une histoire très riche. Le cinéma
permettra à des auteurs corses d’exprimer
leur créativité dans ce domaine, de puiser
leur inspiration sur des sujets divers, anciens ou
contemporains de l’histoire
de l’île ou directement dans la vie quotidienne
des corses, en résumé d’imprimer
la culture corse sur pellicule et de faire battre au-delà des
frontières de l’île le coeur de l’âme
corse.
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Existe-t-il
un cinéma corse ?
Si
on entend par-là un courant qui fait école,
qui exprime la sensibilité d'une époque,
d’une
culture, et qui s'impose au public comme aux créateurs à la
façon du néoréalisme italien ou
de la Nouvelle Vague française des années
soixante la réponse est négative.
Mais rien, ou "presque rien", n'empêche
un cinéma corse de voir le jour.
A défaut d'un cinéma corse il n'y a que
des films à sujets "corses".
Maigre palliatif pour une culture
qui mériterait
d'être plus connue dans le monde.
En fait, depuis le début de l'aventure les paysages
de la Corse ne sont qu'un simple lieu commun pour les
tournages de films qui ne mettront jamais en valeur la
réalité culturelle corse : "Napoléon" (1925), "Le
jour le plus long" (1963), "Les
randonneurs" (1997), etc.
Le tout premier film a avoir été tourné dans
l'île remonte à l'époque du cinéma
muet. Intitulé "Les ombres qui passent" (1924)
d'Alexandre Volkoff. Il mettait en scène
un couple…russe : Nathalie Lissenko et Ivan Mosjoukine.
Dans les années 1920
les films avec le chanteur Tino Rossi font entrer la
Corse dans un mythe baignant dans
les folklores et les clichés de cartes postales.
Ce genre de cinéma fera des émules. En
2004 "L’enquête
corse", adaptation d’une bande dessinée
satirique, vient enfoncer le clou de la caricature.
Avec ce film on change d’extrêmes et on
emboîte
le pas des caricatures mesquines : en plus d'être fainéant
voilà à présent le
corse racketteur, violent et vivant en marge
de la société. Pourtant,
en 1973, Granier-Deffer tournait "Le Fils",
l'histoire d’un gangster corse revenu de New-York à Montemaggiore,
son village natal, jusqu'au moment où il tombe
sous les balles de ses ennemis new-yorkais venus le
chercher chez lui. Les dialogues seront écrits
par le cinéaste
d'origine corse Henri Graziani. "Le fils" est un film
qui affirmera des ambitions psychologiques, voire sociologiques.
Pourtant à sa sortie en
salle il sera victime de mauvaises critiques. Malheureusement,
comme bien
d'autres films du genre, "Le fils" fait
partie des sous-produits d'un "cinéma corse" inexistant.
A la sortie de ce film un critique écrivit avec
un certain agacement : " (...) Quand la Corse
et les corses pourront-ils inspirer d'autres histoires
que
celles de l'indécrottable gangster qui n'a même
pas toujours le mérite d'avoir bon coeur ? (...)".
En matière de développement cinématographique
corse et en Corse, les questions demeurent...
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