"Les ombres qui passent", d'Alexandre Volkof. Un film muet de 1924. Le premier film tourné en Corse.



"Lettres à un tueur", le seul film hollywoodien sous-titré en langue corse.
 

La présence des corses dans le cinéma international.
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Un cinéma corse pourquoi faire ?

Le cinéma est une industrie vecteur d'économie, non polluant et qui brasse beaucoup d'argent. Donc il peut être une source de revenus économiques annuel non négligeable pour la Corse qui possède des atouts naturels considérables : une lumière exceptionnelle toute l’année, une diversité de paysages et un savoir faire local. Sur ce point il ne faut pas oublier que les corses produisent et réalisent des films depuis 20 ans.
La Corse a besoin de moyens financiers conséquents et une structure de type CNC pour mener à bien un réel développement cinématographique industriel. Ces deux conditions sont assujetties à une volonté politique culturelle et dans ce sens les avancées sont encore très timides à ce jour.
La Corse compte une trentaine de sociétés de production et une cinquantaine d’associations qui font la promotion du cinéma mais il n'existe dans l'île aucun laboratoire de développement, aucun studio de tournage, aucun centre de formation de techniciens ou d’acteurs, aucune salle de projection ou de montage, etc. Sur ce plan c'est le désert absolu.
Il y a en Corse une cinémathèque située à Porto-Vecchio. Elle est née le 17 novembre 1978 lors du Premier festival du cinéma amateur organisé à par l'association "Scola Corsa", présidée à cette époque par Carlu Castellani. Les activités de la cinémathèque de Porto-Vecchio se limitent à l'archivage de films et à des rencontres avec des scolaires.
La Corse a une histoire très riche. Le cinéma permettra à des auteurs corses d’exprimer leur créativité dans ce domaine, de puiser leur inspiration sur des sujets divers, anciens ou contemporains de l’histoire de l’île ou directement dans la vie quotidienne des corses, en résumé d’imprimer la culture corse sur pellicule et de faire battre au-delà des frontières de l’île le coeur
de l’âme corse.

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Cinéma corse.

Existe-t-il un cinéma corse ?

Si on entend par-là un courant qui fait école, qui exprime la sensibilité d'une époque, d’une culture, et qui s'impose au public comme aux créateurs à la façon du néoréalisme italien ou de la Nouvelle Vague française des années soixante la réponse est négative.
Mais rien, ou "presque rien", n'empêche un cinéma corse de voir le jour.
A défaut d'un cinéma corse il n'y a que des films à sujets "corses".

Maigre palliatif pour une culture qui mériterait d'être plus connue dans le monde.
En fait, depuis le début de l'aventure les paysages de la Corse ne sont qu'un simple lieu commun pour les tournages de films qui ne mettront jamais en valeur la réalité culturelle corse : "Napoléon" (1925), "Le jour le plus long" (1963), "Les randonneurs" (1997), etc.
Le tout premier film a avoir été tourné dans l'île remonte à l'époque du cinéma muet. Intitulé "Les ombres qui passent" (1924) d'Alexandre Volkoff. Il mettait en scène un couple…russe : Nathalie Lissenko et Ivan Mosjoukine. Dans les années 1920 les films avec le chanteur Tino Rossi font entrer la Corse dans un mythe baignant dans les folklores et les clichés de cartes postales. Ce genre de cinéma fera des émules. En 2004 "L’enquête corse", adaptation d’une bande dessinée satirique, vient enfoncer le clou de la caricature. Avec ce film on change d’extrêmes et on emboîte le pas des caricatures mesquines : en plus d'être fainéant voilà à présent le corse racketteur, violent et vivant en marge de la société. Pourtant, en 1973, Granier-Deffer tournait "Le Fils", l'histoire d’un gangster corse revenu de New-York à Montemaggiore, son village natal, jusqu'au moment où il tombe sous les balles de ses ennemis new-yorkais venus le chercher chez lui. Les dialogues seront écrits par le cinéaste d'origine corse Henri Graziani. "Le fils" est un film qui affirmera des ambitions psychologiques, voire sociologiques. Pourtant à sa sortie en salle il sera victime de mauvaises critiques. Malheureusement, comme bien d'autres films du genre, "Le fils" fait partie des sous-produits d'un "cinéma corse" inexistant. A la sortie de ce film un critique écrivit avec un certain agacement : " (...) Quand la Corse et les corses pourront-ils inspirer d'autres histoires que celles de l'indécrottable gangster qui n'a même pas toujours le mérite d'avoir bon coeur ? (...)".
En matière de développement cinématographique corse et en Corse, les questions demeurent...


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